Les abeilles citadines

De nouvelles butineuses ont débarqué à Paris. Pas de virées shopping pour les belles, mais la promesse de visiter pendant tout l’été la multitude de fleurs qui ornent les allées et jardins de la capitale. Claude Bartelone, habillé en apiculteur pour l’occasion, a accueilli jeudi dernier sur le toit du Palais Bourbon – rebaptisé « Palais Bourdon » pour l’occasion…- les 60 000 abeilles qui bourdonneront désormais au dessus de la tête des parlementaires.

Ces nouvelles venues rejoignent leurs nombreuses copines parisiennes qui connaissent déjà bien les lieux. En 1872, le premier rucher est aménagé dans le jardin du Luxembourg. Aujourd’hui, la ville compte plus de 300 ruches dispersées sur les toits du Grand Palais, de l’Opéra Garnier et Bastille ou encore sur les pelouses du parc Monceau et du parc Georges Brassens.

Capture d’écran 2013-04-28 à 09.19.10

De nombreuses autre villes comme Lille, Lyon, Montpellier ou encore Marseille hébergent leurs propres ruches. C’est un fait, les abeilles se plaisent en ville. Et même mieux que dans certaines campagnes. Au dessus des pavés et des habitations, elles échappent aux insecticides, apprécient les températures légèrement plus clémentes et bénéficient d’un temps de butinage plus long. Contrairement aux champs où la pratique des monocultures appauvri la biodiversité, la ville offre une variété florale débordante. Le miel urbain se retrouve agrémenté de pollen de thym, acacia, coquelicot, myosotis, marronnier, érable, tilleul ainsi que de certaines espèces plus rares. Cette richesse lui donne un goût « particulier » aux dires des gourmands.

Satisfaction supplémentaire pour leurs apiculteurs : la récolte en ville est deux fois plus importante qu’à la campagne. Une ruche moyenne de 40 000 abeilles peut ainsi fournir 50 voire 80 kg de miel par an en ville, contre une trentaine en zone rurale. Et selon l’Observatoire des abeilles d’Ile de France, les citadines vivent sensiblement plus longtemps.

Elles sont également un excellent baromètre écologique. L’étude de l’état de santé de la colonie (nombre d’abeilles, importance de la ponte, taux de mortalité…) permet de déduire la qualité de l’environnement.

Malgré ce joli palmarès, les butineuses citadines ne remplaceront pas celles des champs car elles ont besoin de l’Homme pour prendre leur quartier en ville. Alors qu’elles ne se feront pas prier pour coloniser une jolie contrée généreusement fleurie, dépourvue d’engrais et pesticides.

Mais elles n’ont pas fini de bourdonner aux oreilles des travailleurs assis en terrasse pour une pause café ensoleillée, leur donnant l’illusion fugace de savourer un après-midi à la campagne.

 

 

Du vert !

Comment ne pas résister à l’envie de choisir la journée mondiale de la Terre pour lancer cette rubrique ? Facile comme mise à l’eau. En n’oubliant pas dans la manoeuvre de critiquer cette initiative vielle de 43 ans. On pense à la Terre un jour par an et on la laisse au placard le reste de l’année… (non il y a aussi l’heure sans électricité et les quelques jours de grands sommets). Mais voilà qui est en effet bien facile et faux ! Car les initiatives pour préserver la biodiversité et limiter les impacts de nos modes de vie se multiplient.

Certes il reste beaucoup de boulot. L’énergie mondiale émet presque toujours autant de CO2, les décharges débordent, les températures grimpent et nos latitudes commencent à connaître de drôles d’hivers… Mais le concept de développement durable prend peu à peu racine et d’ambitieux projets voient le jour. De son côté, l’écologie change sensiblement de visage. Elle devient moins punitive. Accabler pour sensibiliser n’est pas la meilleure des idées. Elle devient aussi moins rétrograde. Finalement il ne serait peut-être pas la peine de revenir à l’âge de pierre pour sauver la planète !

Il y a de l’espoir. Voilà le motif de cette rubrique. Il est nécessaire d’être conscient du chemin à parcourir mais aussi de guetter les bonnes idées pour conserver le cap du vert !
(Non ce n’était pas un mauvais jeu de mot pour Cap Vert…)